Une légende raconte qu'un combat eu lieu entre les deux ganesh, que le bouddhiste gagna et arracha la tête de l'hindouïste en remplacement de la sienne. Plus sérieusement, Ganesh fut incorporé au bouddhisme par sa forme tantrique qui pris naissance en Inde à Odisha puis voyagea d'abord au Nepal de par les commerçants Indiens, et en Chine, puis au Japon dont nous allons reparler un peu plus bas, la divinité ayant pris une place intéressante dans les formes shingon et tendaï du bouddhisme de l'Archipel.

Le Dieu-éléphant Ganesh (ou Ganesha/Ganapati, aussi parfois appelé siddhi data) est l'un des dieux les plus populaires de l'Hindouisme et est également largement représenté tant dans les Temples du Bouddhisme Théravada (Inde, Thaïlande, Indonésie...) que dans ceux du Vajrayana (Tibet, Népal...) . Il joue un rôle important dans le tantrisme et est présent dans le panthéon Tibétain où il est reconnu principalement comme une déité de richesse mais fait aussi parti des attributs de certaines déités courroucées, quelque peu effrayante, terrible, secrète et crainte, ecartant les obstacles.

Mis à part au Tibet, la divinité n'a laissé que peu de traces en Chine, sans doute engloutie avec le courant ésotérique chinois Tangmi, centré sur le Bouddha Vairocana, disparu à partir de 845, date à laquelle le plein essor du Boudhisme, son âge d'or entre la période entre les dynasties Sui et Tang s’étendant du début du VII siècle à 845 pris brutalement fin. L'empereur Tang Wuzong, de confession taoïste émet un édit contre les manichéens, les bouddhistes et les nestoriens, religions d'origines étrangères. Après la persécution, ne subsistent de façon visible que les courants Chan et Terre Pure. Le boudhisme ésotérique typiquement chinois laissera tout de même quelques traces, se fondant dans les deux écoles survivantes. Puis, le Lamaïsme tibétain pris la place vacante devenant religion impériale sous la dynastie Yuan, ainsi que la dernière dynastie, la dynastie Mandchoue Qing. Bref, le Tangmi ou "l'art secret des Tang" disparut totalement en Chine.

Le nom japonais de Ganesh est Shōten (聖天) ou encore Kangiten (歓喜天), le bouddhisme japonais le considère comme une manifestation de Shō Kannon Bosatsu (聖観音菩薩). En japonais, le kanji 天 est utilisé comme équivalent de l'hindou Deva.

Le culte de Kangiten a commencé au Japon vers le VIIIème siècle- IXéme siècle. Importation due à Kukai (31 juillet 774 - 22 avril 835) érudit et fonctionnaire à la cour impériale Japonaise (tout début de l'époque de Heian) , saint fondateur de l'école bouddhiste ésotérique Shingon, lors de son voyage en Chine en 804, dans le but de s'initier la forme tantrique du Bouddhisme. Il y rencontra l'éminent érudit bouddhiste Pranja originaire de la région du Gandhara, berceau du Mahayana ou grand véhicule, région située dans le nord-ouest de l'actuel Pakistan.

Pranja, ancien élève de Nalanda, prestigieux centre d'études bouddhiques au nord de l Inde, fut un important importateur de textes bouddhiste en Chine.

Après un voyage d'une decennie en Chine, Kukai rentra au Japon et introduit avec son retour, bouddhisme tantrique et y introduisit plusieurs divinités Hindoues dont Ganesh, fondant ainsi le courant Shingon, assurant quelque part la survie du Tangmi Chinois.

Puis il faut aller 3 décennies aprés la mort de Kukai plus connu sous le nom de Kōbō-Daishi, pour retrouver les premiers textes concernant le culte de Ganesh/ Kangiten au Japon. Le "Sho Kangiten Shikiho" ou "rituel de Sho Kangiten" composé vers 861 détaillant les divers rituels tantriques.

Dans la statuaire et l'iconographie Japonaise, Kangiten est principalement représenté en union avec sa parèdre, un Kangiten femelle, appelé communément "Shakti" ou "énergie féminine". Ces représentations, étreinte érotique, symbolisant les unions des énergies masculines et féminines, largement utilisées dans les formes tantriques sont appelées "Yab Yum".

Tout comme l'histoire du Ganesh Indien, Kangiten commenca en dieu malveillant pouvant créer des obstacles et devait donc être vénéré afin d'éviter les ennuis. Mais au fil du temps, il devint un dieu Japonais de la joie et du bonheur.

Ganesh est le Dieu de la sagesse, de l’intelligence et de la prudence, entre autre saint patron des écoles et des enseignants . Au japon, tout comme en Thaïlande, il est principalement invoqué pour la richesse et le succés financier, prié par les marchands mais est aussi le Dieu des artistes et de tout les "créatifs".

Kangiten est considéré comme doté d'une grande puissance, considéré comme protecteur des temples et adoré généralement par les joueurs, les acteurs, les geishas et les gens du monde dit flottant. En raison de la nature sexuelle ésotérique de Kangiten, son image est souvent masquée. Les mantras sont souvent prescrits dans les textes rituels pour apaiser la divinité et même pour chasser ce faiseur d'obstacles. Le vin de riz ( saké ), les radis ( daikon ) et les "bliss-buns" (kangi-dan), une confiserie frite remplie de pâte de haricots rouges qui est basée sur le modak offert à Ganesha, sont offerts au dieu .

Le rôle divin de la richesse n'est pas sans rappeler la forme taoïsante du moine chinois du Xème siècle Milofo, qui sans doute pris la place dans cette fonction à Ganesh.

C’est le dieu qui lève les obstacles tant matériels que spirituels pour ses adorateurs. Il est le fils de Shiva et Pârvatî, l’époux de Siddhî, le succès et de Riddhî, la richesse . Le Ganesh bouddhiste possède lui ses deux défenses intactes. Le ganesh Hindouiste n'a qu'une défense, ayant cassée l'une pour ecrire les védas.

De nos jours, 250 temples japonais pratiquent le culte de Kangiten, le centre le plus actif est le temple Hozanji, situé sur le versant oriental du mont oriental du mont Ikoma en extérieur à la ville d'Osaka, fondé par le charismatique moine japonais au 17ème siècle Tankai connu sous le nom de Hozan (1629- 1716).

Une légende entoure l'origine de la fondation du temple. Hozan en quête de pouvoirs surnaturels ou "siddhis" échouait à cause des obstacles insurmontables posés par Kangiten. Vers 1678 le maitre de Tankai lui révéla l'existence du mont Ikoma, endroit miraculeux n'étant rêve ni réalité". Sur ces révélations, Hozan, afin d'apaiser le dieu éléphant, fit une idole de Kangiten pour en faire le gardien du lieu en l'implorant qu'en retour la divinité le protégerai et l'aiderai à atteindre les siddhis

on date la contruction de ce temple vers 1680