Composition: CuAl6(PO4)4(OH)8·4H2O. Phosphate hydrate et hydroxide de cuivre d'aluminium et de fer

Systeme cristallin: Triclinique

Caractère optique: Anisotrope, biaxe positif

Dureté: 4 a 6

Clivage: aucun

Cassure: conchoïdale, mate

Polariscope: opaque

Indice de refraction: 1,610 a 1,650 1,620 en moyenne (prise d'indice deconseillee du fait de sa porosite)

Birefringence: 0,040

Dicroscope: neant

Dispersion: opaque

reaction aux UV longs: inerte, parfois jaune, vert a bleu faible

Reaction aux UV courts: inerte, parfois blanc ou jaune crayeux.

Densité: 2,35 a 2,85 (grande porosite, presence de pyrite)

Couleur: bleu, vert

Causes de la couleur: Bleu: Cu2+ en site octaedrique,vert: Cu2+ et Fe3+

Transparence: opaque.

Eclat: terne

Inclusion: Cristaux positifs de pyrite, zones de coloration, veines blanches ou noires (bleues si teintes).

Kingman Turquoise (Kingman, Arizona)

Historique:

Pour l'Europe

Le nom vient de l'ancienne croyance voulant que cette gemme provienne de Turquie, les anciennes turquoises etaient recoltees en Iran mais vendues aux occidentaux via la Turquie

Une de ses premières dénominations fut certainement καλάϊνος (kalláïnos), en grec ancien « chatoyant bleu et vert » (selon Pline l'ancien). Le mot latin qui en dérivait était callaina, que l’on retrouve sous la forme Callaïs pour nommer le matériau utilisé principalement au Néolithique pour fabriquer de nombreux objets de parure et de prestige, qui sont pourtant majoritairement composé de variscite (phosphate d'aluminium).

plaque au motif animalier 1900- 1350 avant notre ère periode Shang, culture Erlitou, Chine. Bronze et turquoises. Musée Sackler.

Egypte

La turquoise est une des premières gemmes reconnues par l’homme. Les Egyptiens ont extrait la turquoise dans le Sinaï il y a plus de 7000 ans.

Hathor est considérée comme la « Dame de la turquoise », celle qui protège les mines exploitées par les Egyptiens. 

Hathor deesse du ciel

C’est pourquoi Amenemhat III grand pharaon de la XIIe dynastie qui fait intensifier l’extraction de la pierre bleue, consacre à la déesse un petit temple que ses successeurs de la XVIIIe dynastie agrandiront à Serabit El Khadem  (« montagne du serviteur »), le grand site d’exploitation du Sinaï.La turquoise qui pare de nombreux bijoux de l’aristocratie thinite sous les deux premières dynasties égyptiennes, fut utilisé dès l’époque pré-dynastique. Les Egyptiens ont toujours été attirés par les richesses minérales du Sinaï et notamment par le cuivre ou la malachite qui entrait dans la composition des pigments servant à l’élaboration des peintures et des cosmétiques. Mais le minerai le plus convoité était bien la turquoise. 

Réputée pour la beauté de son bleu-vert, elle était particulièrement recherchée pour la fabrication de pièces de joaillerie et de marqueterie. Il faudra attendre la XIIe dynastie et le Moyen empire pour voir s’intensifier les expéditions vers le Sinaï.

Cette région désertique, au relief tourmenté et peu engageant, où soufflent des vents souvent glacials, était peuplé de Bédouins sémites et asiatiques contre lesquels les premiers pharaons durent se battre pour protéger leurs mines . Cette lutte entre l’armée du roi et les montagnards barbus que les Egyptiens appelaient mentyou dura une partie de l’Ancien empire, avant que des relations plus pacifiques ne s’établirent entre eux. On a retrouvé sur le site du Ouadi Maghara des représentations de rois des premières dynasties « massacrant les montagnards du désert ».A partir du moyen Empire, les hostilités cessèrent et, si les sites miniers restèrent sous protection de la police et de l’armée, un début de partenariat pacifique se noua entre l’autorité égyptienne et ces nomades qui servirent à la fois d’interprètes et d’ouvriers dans les carrières de turquoise.De plus, les Bédouins devinrent des relais économiques qui fournissaient à l’Egypte des produits exotiques comme le lapis-lazuli d’Afghanistan et le corail de la mer Rouge.

D’après une inscription, chaque ouvrier extrayait un décimètre cube de turquoise par jour. Un chiffre modeste par rapport aux rendements modernes mais qui était suffisant à l’époque, pour approvisionner les artisans égyptiens. Il ne faut pas oublier que ces pierres sont réservées à l’élite et aux prêtres, qui s’en servaient lors de certains rites d’apaisement des dieux courroucés.

Certains ouvriers se faisaient payer en nature et gardaient pour eux une partie de la turquoise qu’ils avaient extrait, le reste étant acheminé vers le Double Pays.La période la moins favorable pour l’exploitation du minerai était l’été, car, selon les croyances égyptiennes, la pierre aurait eu tendance à ternir sous l’effet trop puissant des rayons du soleil.

Une inscription, attribué à un certain Horourrê, commandant d’une expédition sous le règne d’Amenemhat III, indique ainsi que « le minerai vient en cette saison, mais c’est la couleur qui ne laisse de manquer en cette mauvaise saison de l’été ». Heureusement pour lui, il reviendra avec des turquoises splendides : « la couleur était parfaite au point que les yeux s’émerveillaient ; elle était encore plus parfaite qu’en saison normale dans la mesure où les offrandes régulières furent faites à deux reprises à la Dame du Ciel (Hathor) . »

des bracelets en turquoise ont ainsi été retrouvés sur les bras de la momie de Zar, reine de la première dynastie, presque 5500 ans avant J.-C.

Iran

Les Iraniens, comme beaucoup d’autres civilisations, considèraient la turquoise comme une pierre revêtant une dimension spirituelle, voire sacrée. 

Selon une légende, lorsque cette pierre pâlit, son propriétaire est malade. Elle est aussi connue en tant que pierre porte-bonheur ou protectrice. Ainsi, durant les guerres de l’Iran antique, en vue de protéger les guerriers face aux flèches de l’ennemi et apporter la victoire, la turquoise était incrustée sur leurs boucliers, ainsi que sur leurs casques. Ainsi, Ardeshir III utilisait un bouclier sur lequel avaient été incrustés des chatons de turquoise. C’est aussi vraisemblablement la raison pour laquelle les Iraniens appellent cette pierre « pirouzeh » qui signifie « victoire ». 

Cette pierre était également employée pour fabriquer des sceaux et autres accessoires royaux. A l’époque, les rois avaient un droit exclusif sur l’exploitation de la turquoise.Ces croyances autour des vertus de cette pierre se sont perpétuées après l’arrivée de l’islam en Iran. Il est ainsi recommandé de porter une bague de turquoise lors des prières quotidiennes, en ce qu’elle permettrait notamment aux invocations d’être acceptées. 

Selon des croyances populaires, regarder une pierre de turquoise chaque matin rend heureux, ou encore renforce la vue ; avoir de la turquoise chez soi a une influence positive sur le système nerveux et sur la circulation sanguine ; la turquoise apporte la victoire, éloigne le mauvais œil, enrichit son possesseur, ou encore permet de résoudre les problèmes de fertilité. 

Il existe aussi à ce sujet plusieurs hadiths et récits des Imâms chiites et de grandes figures religieuses. En Iran, il a ainsi été largement utilisé dans la décoration et l’ornement des lieux sacrés, comme le sanctuaire de l’Imâm Rezâ, le seul Imâm chiite enterré dans le pays. A titre d’exemple, quatre grands pots en or richement ornés de turquoises (près de deux mille pièces chacun) sont pendus aux quatre entrées du sanctuaire. Ils ont été offerts par l’ancien propriétaire d’un gisement de turquoise, Mostafa Dorri.

Chaddad, fils cadet de Add, roi de l’Arabie du Sud, était païen et se prenait pour un dieu. Ainsi ordonna-t-il de construire un paradis connu sous le nom de « Eram ». Il obligea les siens à chercher et lui amener les plus belles choses de ce monde pour bâtir son paradis terrestre. 

Ses envoyés trouvèrent la turquoise au sein des montagnes à Neyshâbour, et l’apportèrent afin de décorer les branches des arbres d’Eram. 

Selon une autre légende, alors que la construction de son paradis se terminait, Chaddad envoya des gens pour trouver des pierres précieuses afin de décorer les rivières de son paradis. 

A l’arrivée à Neyshâbour, ils découvrirent la turquoise à l’intérieur de la mine de Neyshâbour. Et ses pierres bleues devinrent les rivières du paradis légendaire de Chaddad. 

Cette personnalité a également été le sujet de plusieurs légendes très anciennes, qui attestent de l’ancienneté de la mine de Neyshâbour.Les ouvriers de la mine sont, depuis toujours et dans leur quasi-totalité, des habitants d’un village situé à deux ou trois kilomètres de la mine connu sous le nom de « Mine ».

Turquoise de Neyshabour

 L’exploitation traditionnelle de la mine se faisait en respect total de la nature ; les ouvriers creusant un trou avec des outils très simples et suivant ensuite les filons de turquoise. 

Néanmoins, à partir du XIXe siècle et de l’époque des Qâdjârs, l’exploitation plus massive de la mine via des techniques destructrices, notamment via l’utilisation de dynamite, a abîmé la mine et ses colonnes, ce qui a aussi provoqué des accidents, parfois mortels

.La mine de Neyshâbour comporte elle-même plusieurs « grottes » dont la plus connue est sans doute celle d’Abdorrazâghi ou Bou-Eshâghi, qui est aussi la plus ancienne et que l’on trouve notamment mentionnée dans les poèmes de Hâfez et d’Abou-Eshâgh Indjou. Parmi les autres grottes, citons Mâleki, Zak (qui vient de Zadj ou Zadj-e Sabz, signifiant « sulfate de fer »), Ghar-e Dam (qui signifie « canaux souterrains »), Tcherâgh Kosh (littéralement « tueuse de lumière »), 

la Grotte humide, la Grotte verte (du fait de la présence de turquoises vertes), la Grotte jaune, la Grotte du figuier, la Grotte de haute-montagne, la Grotte kamiri, ou encore la Grotte de la sortie. Citons une anecdote au sujet de l’appellation de la grotte « Tcherâgh Kosh » évoquée plus haut : les torches que l’on y allumait avec du pétrole s’éteignaient à cause de l’humidité de la grotte. 

Les ouvriers de l’époque croyaient que c’étaient des djinns qui soufflaient sur ces lumières.Actuellement, près de trente canaux de la mine en question sont exploités. Lorsqu’apparaît un filon de turquoise, il est mesuré. Ensuite, en disposant de la poudre à canon au sein des roches, on fait exploser de grands morceaux de pierres ayant de la turquoise.

Pour certaines cultures anciennes, le bleu de la turquoise était supposé avoir de puissantes propriétés métaphysiques.

Extrême orient

la turquoise était considérée comme une protection contre le mauvais œil. Au Tibet jusqu’à aujourd’hui, la turquoise est de loin le plus populaire des matériaux utilisés comme parure, et joue toujours un rôle important dans les cérémonies religieuses.

En Chine, la turquoise était aussi utilisée, notamment au XIIIe siècle, pour orner des œuvres d’orfèvre ainsi que des bijoux. Les Chinois ont toujours travaillé la turquoise pour la fabrication de petites figurines,

Continent americain

Dans le sud-ouest des Etats-Unis, les Apaches croyaient que la turquoise aidait les guerriers et les chasseurs à viser avec précision. Pour les Zunis, elle les protégeaient des démons. Pour une autre croyance, la turquoise avait le pouvoir de préserver son porteur des mauvaises chutes, et procurait à son cheval un pied plus sûr.  cette pierre revêtait une dimension sacrée et était l’objet de différentes croyances. Certains comme les Apaches croyaient qu’elle renfermait à la fois les esprits de la mer et du ciel pour les protéger. 

D’autres comme les Navajos pensaient qu’elle était un morceau de ciel tombé sur terre. 

Pour les Zunis, la turquoise les protégeait des démons. 

Et les Aztèques la réservaient aux dieux, car ils croyaient que la pierre ne pouvait être portée par des mortels. Ainsi décoraient-ils des masques et autres objets sacrés avec cette pierre de vie.

Gitologie

Phosphate (hydroxylé) d'aluminium et de cuivre hydraté contenant un peu de fer en substitution à l'aluminium. La turquoise est un mineral des régions arides souvent associées à la limonite et à la calcédoine. Elle forme des veines, veinules oou mouchetures dans dfes roches eruptives.

La turquoise se rencontre principalement dans deux types de gisements:

1) Zone d'altération de gisements de cuivre, particulièrement ce  que l'on nomme " porphyvry copper" ou porphyres cupriféres. Ces derniers sont constitués d'une multitude de petits filons de quartz enrichis en minéraux de cuivre (parfois de molybdène et d'or) dans une monzonite ou une graniodiorite souvent porphyrique. Formés à partir de fluides hydrothermaux provenant d'une volumineuse chambre magmatique située à plusieurs kilomètres sous le gisement lui-même.

Les teneurs en cuivre de ces gisements sont faibles, mais leur tonnage peut être considérable.

2) Gisements constitués de roches volcaniques pyriteuses ayant subi une alteration fumerollienne

Principaux gisements

Sinaï: Wadi Mahgareh et Serabit El Khadem

 

Iran: Nichapur et région de Kerman, 

il existe plusieurs mines de turquoise en Iran, notamment celles de Tabas, de Qoutchân, de Dâmghân et de Kâshmar ; néanmoins, la qualité des turquoises provenant du gisement de Neyshâbour est incomparable avec celle des autres sites, ce qui en fait la mine la plus connue et exploitée d’Iran. Située à 60 km de Neyshâbour, au milieu de vallées et de roches volcaniques, elle serait la mine la plus ancienne du pays. Certains des ex-miniers estiment que sa découverte daterait de 2100 ans av. J.-C., et qu’elle aurait commencé à former de la turquoise il y a 4000 ans. 

U.S.A:  

Arizona: Bisbee, Morenci, Silver Bell, Sleeping Beauty, Courtland

Nouveau Mexique: Burro Mountains, Eureka, Oro Grande, Lostmine, Jarilla,              Turquoise Hill, Little Hatchet mountain.

Colorado: King Creede, Villa Brove, King's Manassa, Holly Cross, Saint Kevin, Cripple Creek.

Nevada: Bullion, Copper Basin, Cortez, Montezuma, Dusty Tim, Monte Cristo, Royal Blue.

Californie: Baker, Inyo Mountains.

Chine: 

Shaanxi: Yuertan

Hubei: Labashan , Qingu, Shiyan, Huangshen, Jinliantong, Zhuxi, Yungaishi

Xinjiang: Tianhu, 

Yunnan: Préfecture autonome hani et yi de Honghe.

 Caracteristiques:

Les cristaux sont rarissimes et leurs dimensions ne depassent pas 3mm.

La turquoise est généralement massive et cryptocristalline (aspect physique de certaines roches formées de cristaux de taille très petite, à peine visibles au microscope par lumière polarisée).

On la trouve sous la forme de masses informes, de nodules ou de veinules.

Bonne resistance aux chocs, mauvaise resistance chimique pouvant être décolorée par des solvants et produits cosmétiques (acides gras), mauvaise resistance thermique.

Traitements , améliorations et embellissements

Les turquoises de belles qualités sont assez rares, c'est pourquoi que les qualités inférieures sont traitées et améliorées par imprégnation d'une résine de synthèse ou de cire. Aux Etats Unis on parle alors de turquoise stabilisée terme interdit en France.

Exemple de turquoise stabilisee

L'additions de colorants s'est généralisée

Les dechets de turquoise peuvent être réduits en poudre mélangée à une résine, on parle alors de turquoise reconstituée.

Des résines métallisées ont été utilisées pour remplir les vides et donner l'apparence de pyrite.

le Traitement Zachery de procédé encore inconnu sauf pour son inventeur, réduit quant à lui la porosité des turquoises sans que des résines soient utilisées. Rend les pierres moins poreuses et évite l'affadissement des couleurs.

La couleur parait inhabituelle, le poli est trop bon et la couleur bleue se concentre sur les fissures.

Traitement Zachery

Synthèse

 Rarement rencontrée, elle a été commercialisée par le français GIlson.

Se distingue des pierres naturelles par un aspect anormal trop régullier des filons noirs de gangue et par des microbilles bleues visible à fort grossissement.

Imitations

Verres

Plastiques

howlite teintée (indice de refraction 1,59, densité 2,58)

Magnésite teintée

Confusions possibles

Chrysocolle

Pierre d'Eilat

Pectolite

variscite

turquoise durcie traitée

Turquoise reconstituée

turquoise synthétique

Imitation de turquoise

Smithsonite

Résine

Verre.