Formule chimique: HGS (sulfure de mercure).

Systême cristallin: rhomboèdrique

Couleur: rouge vermillon, rouge brun, rose brun, gris (métacinabre).

Dureté: 2,5

Densité: 8,1

Clivage: parfait

Cassure: Irrégulière, fragile

Dispersion: opaque

Caractère optique: Anisotrope Uniaxe +

Indice de réfraction: 2,90/ 3,256

Biréfringence: 0,351

1) Historique

Du grec ancien Kinnaburi. Le cinabre était déjà connu depuis le néolithique pour son usage comme pigment dans les fresques murales et les cérémonies religieuses.

Le cinabre naturel a été employé dès l’époque Néolithique en peinture murale à çatal Hoyük en Anatolie au VIII-VIIe millénaire av. J.-C. puis dans de nombreuses régions d’Eurasie et d’Amérique jusqu’à l’époque moderne.

 L’histoire de l’utilisation du cinabre s’est déroulée sur une dizaine de millénaires, d’un bout à l’autre de la Terre et dans des cultures dissemblables. Malgré un assemblage hétérogène de phénomènes relativement indépendants, la fonction de ces emplois peut s’organiser suivant plusieurs grandes lignes de force. La poudre d’un rouge intense du cinabre se trouve impliquée dans :

    les rituels funéraires

    les quêtes spirituelles de Longue vie et les recherches alchimiques

    les usages thérapeutique

    la production d’œuvre d’art

Le rouge intense du cinabre est porteur de valeurs symboliques, pouvant varier selon les époques et les cultures mais s’organisant toujours autour des thèmes de l’Immortalité, de la Vie et de la Mort, du Sang et de la Majesté. D'un fonctionnement purement symbolique au Néolithique, le cinabre va ensuite s’inscrire avec l’apparition de l’écriture, dans des courants de pensée structurant comme l’alchimie  et la médecine. L’usage artistique du pigment dans la peinture et la décoration ne cessera de s’affirmer, jusqu’à ce que la révolution chimique de la fin du xviiie siècle ne porte un coup dur sinon fatal à la dimension alchimique et médicale. Finalement la fonction artistique s'épuisera d'elle-même en raison de la prise de conscience de la toxicité du mercure.

Le philosophe Théophraste (-371/ -288) mentionne des mines de cinabre, en Espagne, en Colchide, et une près d'Ephese (le livre des pierres) où le cinabre est extrait d'un minéral sableux.

Son usage ancien a également été attesté en Chine, la dynastie Shang (-1570 à -1045) en faisait l'usage lors des divinations (scapulomancie) pour faire apparaître et interprèter les craquelures sur les carapaces de tortue.

Les taoîstes chinois l'utilisaient comme drogue d'immortalité, d'où des empoisonnements mercuriels. Le plus fameux est celui de l'empereur Qin Shi Huang en 210 avant notre ère.

Réputé en Chine également comme chasse fantôme, tradition perdurant encore de nos jours, ainsi que dans la tradition tibétaine.

Dantian ou champ de cinabre

Chasse fantôme de tradition bouddhiste, stupa renfermant du cinabre

Les plus anciens témoignages archéologiques se trouvent en Turquie (-8000), en Espagne (-5300), puis en Chine (-4000/-3500 et début de l'âge du bronze dans la culture d'Erlitou).

Les chinois utilisait le cinabre il y'a 3500 ans comme pigment pour les poteries ou comme encre. Ils auraient été les premiers à avoir fabriqué le vermillon, au début de notre ère. Utilisé dans la médecine chinoise soit oralement pour clarifier le coeuret calmer l'esprit, soit localement pour éliminer la toxicité.

Dynastie Qing période Qianlong

Mala, chapelet bouddhiste en cinabre, création de Dongmei & Jeremy Zhang- Guelle.

Dans l'Egypte des Ptolémées (-IV au Ier siècle), apparaît la pratique de la crémation. Sur certains fragments d'os brulés, on trouve une couleur rouge, le colorant est du cinabre intentionnellement déposé.

Au premier siècle, Dioscoride, consacre une notice de sa pharmacopée "materia medica" au cinabre venant de Lybie.

Dans l'antiquité, on utilisait le cinabre comme un pigment qui était généralement reservé à l'élite. Rome en fait un monopole d'êtat et fixe le prix de vente. Pline l'ancien en fait mention sous l'appelation de minium.

Vitruve au 1er siècle avant notre ére décrit l'utilisation en peinture 

Au 3ème siècle de notre ère, Zosisme de Panolis, savant et alchimiste grec, né en Egypte, mentionne que le cinabre est composé de souffre et de mercure.

En721, l'iranien et alchimiste Geber explique que le mercure et le souffre peuvent avec la chaleur, se combiner en cinabre.

Au moyen âge, en orient, les documents les plus importants étaient signés avec une encre à base de cinabre (réservé à Byzance à l'empereur)

Certaines enluminures sont réalisées avec une encre à base de cinabre et de sanguine.

À la suite des Gréco- Egyptiens, des Chinois et des Arabes, les alchimistes européens ont commencé, à synthétiser du sulfure de mercure, à partir de souffre et de mercure. Ce cinabre de synthèse, appelé aussi vermillon, d’un rouge intense, sera employé pour enluminer les manuscrits à partir du xie siècle.

En 1527 Paracelse prescrit le mercure comme traitement contre la syphilis

En 1797 Constantin Kirchhoff, découvre un procédé pour la production de cinabre par voie humide.

2) Gitologie

Le cinabre, sous sa forme native, est la variété la plus abondante de sulfure de mercure, cristallisant à température relativement basse, se rencontre en filons et zones d'imprégnation de sédiments, souvent dans un contexte d'activité volcanique récente.

Habituellement accompagnée de pyrite, stibine, quartz, calcédoine, calcite et divers carbonates.

3) Principaux gisements

Espagne (Almaden)

Slovénie (Idria)

Chine (Hunnan)

4) Propriétés chimiques

Hgs présente un polymorphisme

CInabre/ vermillon

Sulfure de mercure amorphe

Métacinabre (noir et systême cristallin cubique)

Hypercinabre.

Les propriétés chimiques du sulfure noir et du sulfure rouge de mercure sont sensiblement les mêmes, cependant, le sulfure noir réagit plus que le rouge. Cinabre, vermillon ou métacinabre sont considérés généralement comme presque insolubles dans l’eau, les solvants organiques et les acides minéraux dilués.