Le dragon est une créature à la fois mythologique et folklorique en Chine. Présent dans les mythes fondateurs de la civilisation chinoise -Yu le Grand aurait notamment obtenu l'aide de l'une de ces créatures- les dragons chinois, ou Long, sont très différents de leurs «cousins» occidentaux.

Alors que ces derniers sont des êtres maléfiques dans les légendes du Moyen-Âge européen, les dragons de Chine, et par extension d'Asie sont des être en général bienveillants, même si des penseurs bouddhistes ont introduit l'idée que certains dragons pouvaient être responsables de destructions suite à des affronts humains.

 Parmi les quelques 360 créatures à écaille de la mythologie de la Chine, le dragon occupait le sommet d'une hiérarchie. Il était représenté par un mélange de plusieurs animaux mais il existait un nombre important de variétés de dragons selon son habitat. 

Le dragon peut posséder des cornes ou des bois de cerf. Il est également souvent représenté avec des ailes recouvertes d’écailles ou de poils. Ce dragon là, celui que nous connaissons le mieux, est affublé de griffes puissantes et l’air qu’il souffle peut devenir nuage, pluie ou feu. 

Chaque dragon à la morphologie différente porte un nom :  

· Tch’eu-lung pour les dragons sans corne 

· Kiao-Lung pour les dragons à écailles 

· K’ieou-lung pour les dragons à cornes 

· Ying-long pour les dragons ailés

      

Il existe en Chine, une quantité de dragons différents qui peuvent revêtir plusieurs formes. D’apparence animale, humaine ou les deux à la fois, les dragons se transforment en nuage ou en source, vivent dans les cieux ou dans les mers. 

Le dragon est omniprésent dans la mythologie chinoise. Nugua (ou Nuwa), déesse à l’origine du monde selon la cosmogonie chinoise, est un être mi-humain, mi-dragon.    

 

Le dragon  est presque toujours bénéfique et aide dieux et hommes à vaincre les forces du mal ou les catastrophes naturelles.

Le dragon apparaît par exemple dans l’une des versions du mythe du déluge.   

 Exceptionnellement, il est fait référence à un dragon maléfique dans le premier mythe du déluge. En effet, le dieu-ouvrier Gong-Gong prend la forme d’un dragon noir quand il remue les eaux du monde, à tel point qu’elles se précipitent contre la barrière du ciel, faisant craindre le retour du chaos.    

Par contre, la version majeure du déluge narre comment le héros Yu maîtrise les eaux grâce à ses prouesses physiques surhumaines. Mais, il ne peut réussir l’exploit d’arrêter le déluge sans l’aide de dragons aquatiques et d’une tortue.  

Une légende raconte qu’un dragon, sorti du fleuve jaune, apporta à Yu le Grand les plans du monde.  

Le prince Yu est le fondateur mythique de la première dynastie des Xia. Il est un héros civilisateur à qui l’on attribue le fait d’avoir dompté les inondations du fleuve jaune. Il est souvent représenté dans la couleur qui sera plus tard réservée exclusivement aux empereurs de Chine : le jaune. 

 

Les plans du monde se traduisent en chiffre allant de un à neuf. Sur le modèle d’un carré divisé en neuf parties égales, Yu a créé neuf provinces.  

Il était l’un des quatre animaux symbolisant les points cardinaux. 

Le dragon représentait le lever de soleil donc l'Est, le printemps et la fertilité, au contraire par exemple du tigre blanc de l'Ouest.  

Le tigre est l'éternel rival du dragon, ainsi divers dessins dépeignent un dragon et un tigre livrant une bataille épique.Une expression chinoise souvent utilisée pour décrire ces rivaux d'égale valeur (notamment dans les sports de nos jours) est « le dragon contre le tigre ». Dans les arts martiaux chinois, le « style du dragon » est employé pour décrire des styles de combat plus basés sur la technique, alors que le « style du tigre » est basé sur la force brute.

Faisant partie des quatre animaux sacrés de Chine avec le Phénix (Fenghuang), la Licorne (Qilin) et la Tortue, le Dragon représente la puissance et le talent, si bien que les personnes brillantes sont souvent qualifiées de dragon. 

L’année du dragon est une année bénéfique, signe de paix, de richesse et de bonnes récoltes.   

 La population reste très attachée à l'image du dragon, notamment dans l'astrologie. Le signe du Dragon est l'un des plus populaires et recherchés car il symbolise la puissance et la réussite. Ce sont d'ailleurs les années du dragon que les taux de natalité sont les plus importants en Chine.

Le dragon est l’animal du levant. Il est bleu ou vert. C’est le yang qui prédomine, une énergie masculine puissante. Comme le souverain, il est un pivot entre le ciel et la terre. Il participe au maintien de l’harmonie.

Le dragon est un symbole de pouvoir. L’empereur ou les grands dignitaires portaient une robe de cérémonie, appelée le mangpao. Ce vêtement était orné d’un dragon à cinq griffes enroulé autour d’une perle. Le tissu était revêtu d’un motif de lotus et de nœuds qui sont les emblèmes bouddhiques du bonheur.  

Sa semence, déposée et congelée dans les entrailles de la Terre, devient le jade, pierre précieuse pour les Chinois.

Les Chinois attribuent au jade toutes les vertus dont celle de conserver les corps. D’ailleurs, à l’époque des Zhou, on voit apparaître les premiers jades cousus sur les linceuls.

A l’époque des Han, le défunt de sang royal est entièrement revêtu de plaques de jade cousues ensemble par des fils d’or.  

Les empereurs de Chine s’asseyaient sur un trône sculpté de dragons. Ces animaux étaient associés aux pratiques de géomancie, ou feng-shui.  

 Les géomanciens recherchaient les meilleurs sites pour l’emplacement des villes, des palais ou des tombeaux.

Les ouvrages devaient bénéficier de la puissance des grands courants telluriques. Ces courants magnétiques pouvaient être de nature  négative (yin)  ou positive (yang.)   Le courant positif était symbolisé par un dragon mâle. Ce courant suivant les lignes escarpées des hauteurs où résidait le dragon. Les routes qui cheminaient de mont en mont étaient appelées lung-mei (routes du dragon.)Ces routes étaient d’ailleurs soigneusement protégées et il était interdit de construire à proximité. Bien sûr, il fallait respecter l’équilibre entre le yin et le yang lors de la construction des édifices.  

Dans le taoïsme, les dragons étaient comme bienveillants et apportaient le bonheur et la prospérité. Ce n'est qu'avec le bouddhisme que leur nature a pris un aspect plus menaçant. Le dragon a été le symbole de l'Empereur de Chine pendant deux millénaires il était coutume d'appeler l'empereur de Chine, "Dragon". Selon la légende le dragon avait neuf fils à la personnalité bien tranchée et une place bien précise dans l'iconographie.

 Dans le bouddhisme, le Dragon est le véhicule de Vairocana, le bouddha blanc siégeant à l’est (ou au centre). Son trône soutenu par des Dragons dérive probablement du trône impérial chinois. Le Dragon turquoise est la monture d’un grand nombre de déités protectrices, de gardiens de trésors et de dieux la pluie et des orages. En tant que gardiens des trésors, les Dragons sino-tibétains sont les homologues des nagas indiens. Le terme tibétain druk (tib.brug) signifie aussi bien « dragon » que « tonnerre ». Le Bhoutan, royaume bouddhiste, se nomme Druk Yul (pays du Dragon). Ses habitants, les drukpas, tirent leurs nom de la lignée spirituelle drukpa kagyu, originaire du Tibet. Cette lignée fut établie par le sage Tsangpa Gyaré qui, ayant un jour observé neuf dragons disparaître dans le ciel près de Gyantsé  décida d’établir le monastère de Ralung. Dans le bouddhisme tibétain, la montée au ciel d’un groupe de Dragons est un signe de bon augure.  

Dans la religion populaire, le dragon est devenu le maître de la pluie. De grandes cérémonies lui sont consacrées.

On peut également s’attirer ses faveurs en lui présentant une jeune femme que l’on substitue au dernier moment. Ce marché de dupe attise sa colère et  il provoque alors le tonnerre et la pluie.   

La tradition chinoise considère qu'il y a quatre grands rois dragons correspondant chacun à une des mers entourant l'Empire du milieu :  

- la Mer de Chine orientale pour Ao Guang

- la Mer de Chine méridionale pour Ao Qin, 

- la Mer de Chine occidentale (l'Océan indien) pour Ao Run, 

- et la Mer de Chine septentrionale (le Lac Baïkal) pour Ao Shun  

  Voici encore une liste non exhaustive de certains types de dragons célèbres dans la mythologie et le folklore chinois :   

- Tianlong: il s'agit du dragon céleste qui garde les portes du Ciel  

- Shenlong: divinité qui contrôle le climat  

- Fucanglong:associé au volcan, il s'agit du gardien des métaux précieux et des joyaux - Dilong: dragon qui contrôle les rivières et les mers  

- Yinglong: dragon associé aux pluies et inondations, il aurait aidé l'Empereur Jaune à tuer Chi You  

- Jiaolong: divinité des espèces marines  

- Panlong: dragon des lacs qui n'a pu monter aux cieux  

- Huanglong: dragon symbolisant l'empereur  

- Feilong: dragon qui vole dans les nuages et la brume  

- Qinglong: dragon associé à l'Est dans la symbolique chinoise, créature mythique associée à une constellation  

- Longwang: le roi dragon qui dirige les quatre mers  

- Longma: animal qui révéla le concept des huit trigrammes à Fuxi   

- Baxia aime porter de lourdes charges, il figure sous la forme d'une tortue supportant d'immenses stèles. - Bian apparait sous la forme d'un tigre dans les cour de justice et les prison car il sait dire qui est bon ou mauvais. - Bixi figure sur les paniers. - Chaofeng aime prendre des risques c'est pourquoi on le trouve en décoration sur les toits -Chiwen aime regarder les horizons lointains. - Fuxi adore la litterature et figure gravé sur les tablettes 

- Gonfu aime l'eau; il est représenté sur les ponts. - Haoxian insouciant il aime l'aventure et figure sur les gouttières - Jiaotu figure sur les portes. - Longgui apparait sous la forme d'une tortue à tête de dragon. - Pulao adore crier c'est pour cela qu'on trouve son image sur les cloches. - Qiuniu adore la musique figure sur les instruments de musique. - Suanmi aime le feu et la fumée c'est pour cela qu'il sert de pieds des brule-parfums - Yazi belliqueux et vaillant, il figure sur les poignées des couteaux et des épées